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Un automne 44
Septembre 1944, il y a tout juste 65 ans…La population
de Vagney est en souffrance : multiples restrictions,
familles séparées ou en deuil, occupation allemande qui,
même si elle reste correcte, n'en demeure pas moins charge
et tourment… C'est dans les airs que paraissent les premiers
signes libérateurs, qui se soldent malheureusement par
une méprise : quatre avions de chasse aux couleurs de
la France piquent au niveau de l'hospice de Zainvillers
et se mettent à mitrailler un véhicule, chargé de blé.
Le chauffeur du camion est tué…
A partir du 12 septembre, Vagney assiste à la débâcle
allemande. Les soldats ennemis, menacés par l'arrivée
des troupes américaines, remontent la vallée et tentent
un repli vers l'Allemagne, certains en unités organisées
à bord de camions à gazogène, d'autres en débandade, à
pied, à bicyclette ou en char à banc... Quelques uns d'entre
eux se livrent au pillage de nourriture, d'autres la réquisitionnent
mais la paient. Les cavaliers russes, quant à eux, volent
du foin pour leurs montures. Malgré leur inquiétude, les
hommes de la Wehrmarcht ne s'avouent pas vaincus et pointent
leur canon anti-char vers Crémanvillers dans la crainte
de l'arrivée des blindés alliés. Tous ces hommes en déroute
logent chez l'habitant et appréhendent plus que tout les
maquisards qu'ils nomment ''partisans''.
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Des soldats posent devant la boulangerie Martin sinistrée

La maison Aubry à Zainvillers après les
bombardements
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La maison Leclerc, à l'intersection des rues de
la poste et de Basse-sur-le-Rupt
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L'hôtel Pétin en octobre 1944
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Le 16 septembre se tourne une page particulièrement sombre
et mal élucidée de l'histoire de notre village : le lieutenant
FFI Paul Caritey est assassiné devant la boulangerie
Heitzler par des hommes de la Gestapo ou de la
milice française, l'incertitude demeure.
S'ensuivront d'autres heures noires : le même jour, le
maquis de Noire Goutte est dispersé, le 20, celui de la
Piquante Pierre est attaqué, 54 résistants sont capturés,
torturés et y laissent leur vie. Les rues de Vagney leur
rendent désormais hommage : Albert Jacquemin et
René Demangeon sont tués au combat, Robert Claudel
et Michel Collinet sont fusillés à la Bresse après
torture.
Plus de 20 fermes sont incendiées à Gerbamont et aux Plateaux.
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Le 23 septembre, des blessés allemands sont hébergés
à la cure en attendant leur évacuation en ambulance.
Le 25 septembre, les premières rafales d'obus s'abattent
sur le village et font 2 victimes civiles. Les bâtiments
du centre sont endommagés. L'électricité est coupée et
ne sera rétablie que le 30 novembre. Désormais, les offices
religieux ont lieu à la cave du presbytère. La vie voinraude
s'organise elle aussi dans les caves, les bombardements
se succèdent.
Mercredi 27 septembre, les Allemands font sauter le pont
de Nol, sur la Moselotte, pour empêcher la progression
des troupes américaines. Une vingtaine d'obus tombent
sur le centre de Vagney. Le 28 septembre, le clocher est
touché, les hangars de l'Utile brûlent, ainsi qu'une ferme.
Des civils sont blessés.
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Le café Claude, remplacé de nos jours par
la boucherie de la place

La maison Mathieu, proche du Bouchot
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Le 1er octobre et les jours suivants, les bombardements
américains s'intensifient, les vitraux de l'église volent
en éclat, Zainvillers est touchée, de nombreuses maisons
sont pillées par les Allemands. Ces derniers, de plus
en plus menacés font sauter le pont sur le Bouchot.
C'est le 7 octobre que les troupes américaines entrent
dans le village 50 mètres en aval du pont détruit sur
le Bouchot. Les Allemands contre-attaquent. Le petit clocheton
de l'église est endommagé à son tour. En fin de journée,
Vagney est libéré. Blessé, meurtri, mais libre ! Mais
l'ennemi contre-attaque et c'est au cours de ces opérations
que le sous lieutenant Harris et deux de ses hommes interviendront
de façon exemplaire , perdant la vie tout près de la poste.
A 18 heures, les tanks américains passent le Bouchot sur
un pont de fortune formé de quelques madriers posés sur
les débris de l'ancien. Le lendemain matin, Zainvillers
toujours sous le joug allemand est libéré à son tour,
mais l'ennemi parvient à faire sauter le pont de fer donnant
accès à l'usine Flageollet.
Le clocher en réparation, novembre 1944
Ultime exaction de l'ennemi avant la retraite
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Peu à peu, les troupes françaises et marocaines vont relayer
les troupes américaines. Mardi 10 octobre, une rafale d'obus
arrache le toit de l'église à plusieurs endroits. L église est
sommairement nettoyée pour permettre les obsèques de plusieurs
soldats. Le 14, les troupes américaines quittent Vagney.
Du 14 octobre au 6 novembre, les Voinrauds devront encore affronter
des bombardements, allemands, cette fois ; mais aussi l'humidité
et le froid dans les caves inondées. En effet, il n'arrête pas
de pleuvoir et le Bouchot déborde. Et puis, soudain, le 30 novembre,
le village retourne timidement à la vie : le courant est rétabli,
on éteint les bougies et les lampes à pétrole. On les éteint,
on ne les range pas encore, on ne sait jamais !
Vendredi 1er décembre 1944 : il y a comme un avant goût de fête
dans l'air... A 15 heures, l'église retrouve aussi l'électricité
et les cloches sonnent à la volée le début du renouveau !
Sources :
-Vagney, occupation et libération : Michel Laxenaire
-Mémoires de 1944 : Marguerite Laxenaire
-Principaux événements de 1944 : Charles Gley, majordome
du curé Varenne
-Documents personnels de Robert Claudel : Christiane Lambert-Dany
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