Cadre de vie

Transhumance

Avez vous gardé votre âme d'enfant ? Vous souvenez vous de ce passage littéraire, extrait des Lettres de mon moulin, d'Alphonse Daudet, que l'on apprenait à l'école et qui était si imagé qu'il suffisait de fermer les yeux pour entendre le son des clarines et respirer la forte odeur du troupeau ? Pour le plaisir, je vous le rappelle ici.

"... et là-bas, au lointain, nous voyons le troupeau s'avancer dans une gloire de poussière. Toute la route semble marcher avec lui... Les vieux béliers viennent d'abord, la corne en avant, l'air sauvage, derrière eux, les gros moutons, les mères un peu lasses, leurs nourrissons dans les pattes, les mules à pompons rouges portant dans des paniers les agnelets d'un jour qu'elles bercent en marchant, puis les chiens tout suants, avec des langues jusqu'à terre, et deux grands coquins de bergers drapés dans des manteaux de cadis roux..."

Les chiens vigilants un peu à l'écart

Le convoi se met en route escorté par l'agent de police municipal

 

Place aux autres usagers

 

De mules point, de berger, un seul, non pas l'air coquin, mais qui avance d'un pas vif et décidé, tel un chef haranguant ses troupes, en un langage connu de lui seul, le code pastoral. Monsieur Portelette ; en ce 8 mai, jour symbole de paix retrouvée, conduit son troupeau, non pas dans les Alpilles mais dans une pâture située sur les hauteurs de Thiéfosse, là où l'herbe est si tendre que la chèvre de Monsieur Seguin pourrait avec délice faire une nouvelle fugue, quitte à rencontrer le loup !
Cinquante brebis suitées (escortées de leux agneaux, une vingtaine) l'accompagnent et tout ce petit monde défile sur la grand route, les chiens de conduite veillant sans faillir à la bonne marche de cette transhumance à l'ancienne, un rien insolite dans notre paysage urbanisé : Maintenant, ils sont à Eyguières (Crémanvillers), maintenant, au Paradou (rue d'Ouffet)...

Le pas est vif

En rangs serrés

 

Spectacle insolite en vue de la mairie

 

En trois heures trente, ce joli cortège a atteint les pâtures d'été, admiré sur son passage par les passants étonnés, suivi par quelques adeptes du retour des traditions pastorales.

Coutumes réinventées, plaisir nature : si vous appréciez la connivence de l'homme avec l'animal, ne manquez pas le retour du troupeau de Monsieur Portelette à Vagney le 15 novembre, mais aussi les 14 juillet et 9 août, sur l'initiative du berger, un concours et une démonstration du travail qu'il est possible de réaliser avec des chiens de troupeaux.

Bel été au maître des brebis et à sa blanche suite...

A proximité du bois Abeck

 

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