vagney
Mon village


Mourad Frik a le don de conter


Duo improvisé entre deux poètes


L'auditoire est toute ouïe

 

Un soir d'été en la chapelle :
Mourad Frik ouvre la boîte à Histoires de Grand-père Trompe-la-Mort

Le conte n'est pas aussi anodin que l'on voudrait le croire : il appartient à la culture des peuples, peut-être en est-il même son essence. D'ailleurs, il suffit de faire un saut de puce en arrière, un siècle à peine, voire moins dans nos villages, pour mettre en évidence l'importance de cette littérature orale et populaire.

Non, les contes ne commencent pas tous par il était une fois et ne mettent pas seulement en lumière des histoires de fées et de princesses endormies…

Non, les contes ne sont pas faits pour endormir les enfants mais pour réveiller les parents (Mourad Frik).

Le conte, art ancien et universel, est toujours porteur d'un message et Mourad Frik, le conteur que la Communauté de Communes des Vallons du Bouchot et du Rupt a accueilli le 12 août pour Un soir d'été en la Chapelle, exerce cet art avec talent et passion.

Colporteur d'histoires, amoureux fou des mots et de la poésie, il a dès les premières minutes, entrainé son auditoire , comme le berger conduit son troupeau : non pas en de verts pâturages mais au delà de nos certitudes, vers d'autres vérités, pour un voyage pluriculturel où chacun a pu prendre à sa guise les mots qui font mouche.

Etes vous déjà parvenu à vous séparer de vos oreilles pour emprunter celles de votre voisin ? Et bien, c'est ici que commence la performance de Mourad : il a réussi cet exploit, incitant son public à l'écoute de l'Autre, et la porte magique s'est ouverte pour la Rencontre. Car, disait Voltaire, l'oreille est le chemin du cœur…

Et s'est ouverte également la boîte à histoires de Grand-père Trompe-la Mort…Chacun l'a devinée, cette Faucheuse, la Mendiante, qui tôt ou tard, frappera à notre porte… Mais ce soir, elle a affaire à Mourad et ne passera pas !

Dédramatisation, le conte joue son rôle à la perfection, la public participe, il accompagne la maman africaine au bord du fleuve, soutient la petite chèvre qui voulait trop bien faire, sourit à la version mouradienne du petit chaperon rouge transformée en " Little red zonblou "…

Temps de poésie musicale entre deux contes : c'est Daniel Génatio qui laisse son bandonéon s'exprimer. Car lui aussi a un message à diffuser, les notes savent bien répandre les rêves et les sublimer !

Soirée d'écoute et de partage et de connivence : cela aurait pu être une merveilleuse veillée d'autrefois, l'auditoire était aux anges…

C'était le dernier Soir d'été en la Chapelle de la saison 2009 et c'est autour du verre de l'amitié que chacun a repris possession de ses propres oreilles, capables désormais d'entendre dans les murmures du vent et dans le clapotis de l'eau la parole des hommes de la Terre !


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