|
La maison Pétin, actuelle Caisse d'Epargne
Le 5 octobre 1899, madame Jean Pierre Abel, née Marie
Will, grand-mère de Pierre Pétin, achète à Madame veuve
Antoine le café de la place, situé à l'intersection de
la rue de l'église et de la rue de la poste et en fait
don à sa fille, Pauline.
En 1900, Pauline épouse Léon Pétin et les jeunes époux
tiennent un autre café, installé celui là dans la maison
de madame Abel, située rue de la gare. (à l'emplacement
de la maison Roulot récemment incendiée). En 1901 nait
leur fils, Pierre.
Revenons au café de la Place : le Guide des Promenades
de Vagney édité en 1903 par le tout nouveau Comité des
Promenades, l'ancêtre de l'Office de Tourisme, nous donne
une précieuse indication au travers de ses réclames. On
y apprend que Vagney compte alors deux hôtels, l'Hôtel
de la Poste et du Commerce tenu par les époux Fourrier
et le Café restaurant de la Place, pension, tenue par
Léon Pétin.
Réclame dans le guide des promenades en 1903
En 1908, le Café de la Place est démoli et Léon Pétin
fait construire un hôtel de deux étages surmonté d'une
terrasse, qu'il décide de nommer ''Hôtel Central''. Mais
le peintre distrait oublie le r et écrit en lettres capitales
: ''Hôtel Cental'', avant d'effacer le mot fautif, pour
couper court à l'hilarité des Voinrauds en général, et
du concurrent voisin, en particulier. Ce n'est que quelques
années plus tard que Léon Pétin fera ajouter son nom pour
donner naissance à l'Hôtel Pétin.
A l'époque, le village de Vagney est ouvert sur l'extérieur,
les touristes s'y rendent principalement par le chemin
de fer : la ligne Epinal -Remiremont fut mise en service
en 1864 et le tronçon Remiremont-Cornimont en 1879, pour
des raisons économiques (transport du coton).
Un service de voitures des courriers postaux va de la
gare de Vagney jusqu'à Rochesson. Mais, à vrai dire, avant
1936, date des congés payés, les touristes ne sont pas
légion et la clientèle est essentiellement composée de
'' voyageurs de commerce'' et de quelques pensionnaires.
Léon Pétin meurt en 1925, sa femme tient seule l'hôtel,
puis avec l'aide de son fils Pierre qui décide alors d'interrompre
ses études de photographie à Nancy pour seconder sa mère.
1932, une marquise habille désormais la façade principale.
En 1934, Pauline Pétin se retire et laisse la gestion
de l'hôtel à Pierre qui a épousé Marie Thérèse Mathieu.
Parallèlement, Pierre installe un studio de photographie
à l'emplacement de l'ancien magasin de cycles de son père,
façade rue de la poste.
En 1940, les Allemands sont cantonnés à l'hôtel Pétin.
A la libération de notre région, en octobre 1944, des
soldats américains et français résident à l'hôtel, ils
y font même leur ''popote'' et jouent au billard durant
leurs loisirs. Vagney est alors sont le feu de la mitraille
et les bombardements endommagent gravement les façades
donnant sur la place et rue de la poste. Des transformations
au niveau des portes et fenêtres s'ensuivront.
Les terribles inondations de décembre 1947 épargneront
miraculeusement l'immeuble. L'eau envahit les caves, atteint
la première marche du bar mais ne pénètre pas dans la
salle de restaurant.
.jpg)
Cycliste bravant l'inondation de 1947
En mars 1949 et en juin 1952, Gabriel Loire, un maître
verrier chartrain, inconnu à l'époque mais de renom international
aujourd'hui, est pensionnaire de l'hôtel Pétin : les vitraux
réalisés dans ses ateliers sont à la pose à l'église (dommages
de guerre).
En mars 1953, c'est un violent incendie qui détruit en
partie le grenier et des travaux importants sont entrepris
pour réparer les dégâts causés par l'eau des lances.
1966, Pierre et Marie-Thérèse prennent leur retraite et
sont relayés par leur fille Geneviève et son époux, René
Mathieu qui prend les commandes en cuisine à la place
de sa belle-mère. Ils modernisent l'hôtel qu'ils tiendront
jusqu'en 1998.
En retraite à leur tour, ils mettent en vente l'hôtel
qui est cédé à M. et Mme Cristinelli en 2001. Une page
de l'histoire de Vagney se tourne définitivement : l'hôtel
Pétin rosit et devient le Naufaing Gourmand. A nouveau,
il est mis en vente et acheté par la Société '' Les Angéliques
'' en 2005.
Ici s'opère un changement radical de destination puisque
le restaurant laisse place à une banque, la'' Caisse d'Epargne''.
Des appartements sont aménagés dans les étages, la belle
marquise est démontée… Il y a longtemps déjà que le concurrent
tout proche a mis la clé sous la porte. Les touristes
ont pris d'autres habitudes, il ne reste plus aucun hôtel
à Vagney sur les trois qui existaient au début du siècle…
Un siècle s'est écoulé, Vagney change de physionomie
mais les souvenirs perdurent, grâce aux témoignages, mais
aussi grâce aux photographies de Pierre Pétin, témoins
désormais de l'histoire de notre village…
.JPG)
La Caisse d'Epargne s'est installée à l'emplacement
de l'hôtel
|