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Desproges est toujours parmi nous !
Une scène de théâtre en pleine nature. Au centre, une cabine
en verre.
A l'intérieur de la cabine, un jeune homme, assis sur un
haut tabouret. Il parle. Sa voix nous arrive amplifiée par
la cabine. Il réfléchit, se tient le menton, se tourne et
se retourne sur son tabouret.
Pensées retorses, réflexions compliquées, à la logique abrupte.
Sporadiquement, des gradins, de gros éclats de rire fusent...
Le public est venu écouter des textes de Pierre Desproges.
Il est venu rire aux textes de Pierre Desproges. Il s'est
déplacé au Théâtre de verdure et a bien l'intention
de passer une bonne soirée en jouissant du plaisir ressuscité
de s'entendre balancer les drôles d'abominations qu'osait
Pierre Desproges.
Le bougre nous a quittés voilà 20 ans. Personne ne se risquerait
à reprendre les textes de Desproges avec le même ton pince-sans-rire
que son auteur.
Le jeune comédien a tiré de ce matériau si dense une suite
de pensées et en propose une interprétation habitée. C'est
pourtant lorsqu'il cesse de vouloir vivre de l'intérieur
ces réflexions si grammaticalement complexes et qu'il ose
sortir de sa cabine pour s'adresser directement au public,
que le spectacle fonctionne le mieux.
En évitant les risques d'un hommage que l'humoriste écrivain
aurait sûrement désavoué, Emmanuel Matte incarne non pas
Desproges lui-même mais sa parole caustique et sa plume
trempée dans le vitriol.
Soutenu dans cette démarche délicate et parfaitement réussie
par la mise en scène ingénieuse et vive de Julia Vidit,
il donne chair aux mots de celui qui déclarait sans rire
: 'Plus je connais les hommes, plus j'aime mon chien'.
À partir d'un montage d'extraits de livres et d'émissions,
les deux complices ont construit une pièce de théâtre dont
le héros est un Alceste des temps modernes. Il égratigne
tout le monde au passage, cogne où ça fait mal et jette
de l'acide sur les plaies ouvertes
Encore merci le Plateau Ivre pour cette soirée exceptionnelle
!

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